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  je suis une inflorescence 

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mon expo (corpus scripti)

Exposition
 
Corpus Scripti

 

 
Tout débute par une impulsion, un besoin de transmettre à soi, à l’autre une chaleur, un contraste, alors on pose autour de soi un cahier, une table, des doigts fébriles, une tête en branle. On gratte, on déchire, on luit, on sombre. Après quelques grasses secondes, l’horizon s’évanouit dans ces écritures sur corps, ces dessins de papier, ces planches nobles, le bois de l’âme est ’scripté’. On y voit la simplicité des éléments, la primarité des choses, puis, en grattant de son regard le plus honnête, on lit des courbes d’envies, des points de désir. Marcel Moreau délie cette pulsion "le langage est une force souterraine, donner la parole aux instincts" 

 
Les cascades sanguines qui jouent avec les chutes de terre noire, les symboles de paix et de guerre se mélangent dans un harem de craie et de chair. Parce qu’être une racine sans terre ne fait pas grandir, Salomé puise dans les sources des mondes qu’elle a traversés. Une lamentation dans le ventre, un éclat de rire enfantin dans les dents, c’est le cri de la vie qui transpire de la toile, laquelle ici, n’est pas un rideau. La vie de Salomé est un théâtre de convives bigarrés, de comédie d’arts vivants, de symboliques bavardes et de bras molletonnés.  

 
 
Assise sur les rives du Jourdain, entre une derbouka cadencée et un djembe troublant, Salomé conte les traces de soi, dessine sur les sables avec une onde d’amour, récite les Sages avec l’humble dessein d’exister en substance, en relief. Il est peu d’êtres qui allient générosité et don de voix autant que Salomé. Ses illusions naviguent sur le gué d’eaux lustrales arrosant ses origines à l’aide d’un entonnoir renversé. Rencontrez ses couleurs, c’est s’imbiber de son expérience. Une visite pédestre ne suffit pas, plutôt mettre ses mains sur son palpitant et valser, fredonner, respirer. 
 
© Milady Renoir : Mon Lien Tendresse  
 
 
 
« Je peins sans me soucier de technique, en rêvant à des harmonies violentes 
je peins en laissant les couleurs faire échos aux mots 
je peins avec tout ce que je trouve : des bouts de bois, mes doigts, des cartes de banques 
je peins pour être libre de m'étaler sur du papier ou une toile en maîtresse absolue du labyrinthe des mystères 
je peins pour que le songe l'emporte sur la raison 
la peinture est la traduction poétique d'une langue secrète, inconnue , qui a les nostalgies de l'âme 
je peins comme une nomade exilée et je touche ainsi l'espace comme si je marchais dans la rosée 
il est essentiel pour moi d'aller informer mon regard ailleurs, pour mieux revenir à la lecture des grands textes, après avoir appris lentement à contempler d'autres formes d'expression.  
Je ne sais plus qui avait dit "J'aurais beau répéter sang du haut en bas de la page, elle n'en sera pas tachée, ni moi blessé". Mais c'est justement ce genre de regard sur la littérature et l'innocuité apparente du maniement plastique du langage qu'il faut parvenir à contrer.  
Je cite Henri Michaux : "la littérature traîne un peu derrière les arts plastiques et la philosophie, c'est peut-être qu'elle est gênée par ses formes. La lisibilité serait pour elle ce qu'est en architecture la contrainte de l'habitabilité. Pourtant je me sais quelque part anti-moderne, je sens que je peux créer quelque chose aujourd'hui, malgré tout. Que ce sera, si j'y arrive, beaucoup plus profond, beaucoup plus subversif, en ayant conservé les formes anciennes. J'aimerais bien saper tranquillement quelques bases, quelques idées reçues du langage cuit, mais à mon rythme, avec l'air de ne pas y toucher" 
 
On a perdu l'habitude du papier, de ce toucher sensuel et puissant 
de cette liberté de laisser couler l'encre sans les entraves de l'écriture pour arriver à une écriture automatique, à une expression totale du moi 
 
Je peins sans technique, sans aucune règles, je peins comme je vis ou comme je cuisine : avec mes tripes ! »
 
 
« Je peins donc je vis » © Salomé  
( Site de l’artiste : Salomé )
 
 
 
 
 
 
 

Biographie de l’artiste

 
 
 
 
Suzy Cohen.  
Née au Maroc. 
A vécu à Paris, au Kenya, en Thaïlande. 
 
Elle a étudié la peinture sur porcelaine. 
Expositions à Nairobi - Minneapolis - Venise - Albuquerque  
Ecole de peinture sur porcelaine à Nairobi (enseignement de la peinture et expos avec élèves) 
et rédactrice de "China Painter" (revue consacrée à la peinture sur porcelaine). 
 
Vit à Bruxelles. 
Professeur de peinture sur porcelaine. 
Membre de l'IPAT (International Porcelain Artists and Teatchers) 
Fréquente l'atelier écriture Milady RENOIR (http://miladyrenoir.skynetblogs.be/) 
 
Bibliographie : 
 
Article sur "Une autre chanson" n° 92 (Nov-Déc. 2001) 
Articles sur "The China painter" (1993) 
Cd de poèmes et chansons : musique d'Alain Lemaître 
Carnet de voyage : instantanés de Thaïlande (texte et illustrations) 
Roman en cours "Dos au mur" 
 
http://suzy-alanis.skynetblogs.be
 
 
 
 
 
 
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Modifié en dernier lieu le 15.11.2005
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